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Pourquoi
les oiseaux chantent-ils ?
Chanter,
pour les oiseaux, c'est un moyen de communiquer. Et par
descontacts vocaux, les oiseaux peuvent se dire beaucoup
de choses.
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Il
faut tout d'abord distinguer le cri et le chant. Le cri
est un son court et simple, alors que le chant est une
vocalisation généralement plus complexe
et plus longue, constituée de motifs variés
et parfois répétés, plaisante pour
l'oreille humaine. Si femelles et mâles, jeunes
et adultes, peuvent communiquer par des cris, le chant
est l'apanage des mâles qui l'utilisent particulièrement
au printemps, période de la reproduction.
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| Le
chant du mâle suscite une réaction différente
s'il est entendu par une femelle ou par un autre mâle.
Pour la femelle, un chant représente en quelque
sorte une demande en mariage de la part du mâle
: "Ecoute comme je chante bien, regarde comme je
suis beau et quel beau territoire je possède !".
Mais la femelle ne se laisse pas séduire par le
premier des charmeurs venus. Elle choisit généralement
celui, parmi tous les prétendants, qui chante le
mieux, le plus fort et avec le répertoire le plus
varié, signe d'une vigueur et d'une expérience
suffi sante pour espérer mener à terme une
nichée.
Par contre pour un mâle, le même chant est
porteur d'un message agressif: "Passe ton chemin,
ici c'est mon territoire. Et n'approche pas de la femelle
installée dans mon nid !". |
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Mais
pourquoi les oiseaux chantent-ils si tôt le matin
? Personne ne le sait vraiment tout a fait, mais ce n'est
certainement pas pour le seul plaisir de faire sortir
les ornithologues de leurs plumes ?
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Quand
les oiseaux se réveillent, ils ont deux priorités
: manger et chanter. Manger, comme tous les animaux, chaque
jour de l'année. Et chanter, en cette période
de reproduction, pour défendre leur territoire.
Il semble que tôt le matin, à une heure où
les invertébrés au menu sont encore engourdis
par le froid, les turbulences atmosphériques sont
faibles et particulièrement propices à la
transmission des sons.
Il
semble donc tout avantageux de commencer la journée
par quelques vocalises et de remettre le repas à
plus tard.
Toutes
les espèces se mettant à chanter le matin,
ceci donne lieu à une véritable cacophonie,
une symphonie à mille voix dont l'ornithologue
se plaît à disséquer les tonalités
et les instruments. C'est a ce concert matinal que nous
vous invitons lors de l'Aube des Oiseaux ! |
Accenteur
mouchet Prunella modularis. Photographe: Nicolas
Pierrard |
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Description
par espèce: |
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Pour
chaque espèce vous trouverez également un
lien vers un fichier mp3 du site de Dominique Laloux "www.soundsnatural.be".
Une
manière facile de les écouter est de faire
un clique droit sur le lien, demander "enregistrer
sous", l'enregistrer sur votre ordinateur puis de les
écouter au calme. Bonne écoute.... |
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Le
Pinson des arbres Fringilla coelebs |
| Le
Pinson des arbres est un des oiseaux les plus répandus
de nos contrées. En effet, il habite aussi bien les
bois et les campagnes que les villages et même les
villes. Son chant est habituellement l'un des premiers retenus
par les débutants car on l'entend fréquemment
et fort, de plus il est très répétitif.
C'est une strophe de notes rapides et descendantes se terminant
par une fi oriture accentuée ("nondidju",
semble-t-il conclure !). Ecoutez ce chant et vous comprendrez
l'expression "gai comme un Pinson" ! Le Pinson
est tellement bon chanteur qu'il est encore, malheureusement,
capturé et utilisé pour des concours de chant
: on peut enregistrer plus de 400 strophes par heure. Il
émet également divers cris style "Pink",
ou encore un "Trouit" appelé cri de pluie.
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Photo: Nicolas Pierrard |
Le plumage des deux sexes est fort différent contrairement
à la plupart des fringilles. Le mâle a le ventre
et les joues rouges rouille, la calotte et la nuque gris
bleuté. La femelle est beaucoup plus terne. Le signe
le plus distinctif de ce Pinson est la double tache blanche
dans l'aile également visible en vol |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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menu |
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Le
Rougegorge familier Erithacus rubecula |
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Photo: Nocolas Pierrard |
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Il
nous est très familier, ce petit oiseau sympathique
et un peu dodu dont le nom décrit parfaitement le
plumage. Sympathique ? Oui, mais ne vous avisez pas de franchir
les limites de son territoire, surtout si vous êtes
vous aussi un Rougegorge. Entre la femelle et le mâle,
les rôles sont clairement définis : Madame
construit le nid, et Monsieur défend les alentours
contre toute intrusion. Lorsqu'à la frontière
de leur domaine respectif, deux mâles tombent bec
à bec, l'affrontement est inévitable. Ils
bombent leur plastron coloré en signe d'intimidation,
tel le drap rouge d'un torero face au taureau andalou. Et
ils chantent. Des chants de menace, des chants de défiance.
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Au terme de ce combat de mélodies et de couleur,
chacun fait marche arrière. Ainsi, de proche en proche,
les chants des différents individus permettent d'établir
des frontières. Chacun chez soi, en somme. Mais qui
aurait cru que ce chant sifflé, doux, aigu, mélancolique,
varié et omniprésent dès la fin de
l'hiver, était porteur d'un tel message d'agressivité
? |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement
D. Laloux) |
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Le
Merle noir Turdus merula
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| Tout
le monde connaît le Merle noir. En effet, cet oiseau
essentiellement sylvestre à l'origine, s'est installé
près de l'homme dans les jardins, parcs, vergers
et cimetières… La conquête du milieu
suburbain lui a apporté une nourriture abondante
en toute saison et une profusion d'emplacements où
nicher. Il est bien connu aussi pour ses manifestations
vocales. Le chant est l'apanage du mâle. On l'entend
surtout de mi-février à mi-juillet. Le chant
est constitué d'un ensemble de notes flûtées
ressemblant à des siffl ements humains. Cette agréable
mélodie est cependant altérée par quelques
sons impurs : grincements, gloussements. L'oiseau chante
depuis un poste élevé. L'aubade donnée
par les Merles commence avant le lever du soleil et dure
une demi-heure, puis l'intensité diminue nettement
durant la journée avant un concert vespéral
toutefois plus doux.
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Photo: Nicolas Pierrard |
Les
Merles citadins sont généralement de moins
bons chanteurs que leurs cousins forestiers. Dans les villes,
la densité est tellement élevée que
la fonction territoriale du chant perd sa valeur. Dans ce
cas, le chant devient semble-t-il un simple exutoire d'énergie. |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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La
Sittelle torchepot Sitta europaea
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Photo: Nicolas Pierrard |
La
Sittelle torchepot se signale dès le milieu de l'hiver
par divers cris siffl és. Ce sont souvent des successions
de "Tuit" aigus sur différents tempos,
mais souvent assez lents. Le chant pourrait se traduire
par une suite rapide de "Vui-vui-vui-vui…".
Plus il est rapide, plus l'oiseau est excité. Le
répertoire sonore de cet oiseau est très varié
mais souvent sur le même ton, ce qui facilite la reconnaissance.
Le dos gris bleu, le ventre roux et le masque noir la différencient
facilement des autres oiseaux grimpeurs. La Sittelle torchepot
mérite bien son nom. Elle niche dans des arbres creux
(c'est un oiseau cavernicole) et n'hésite pas à
reboucher les trous trop larges avec du torchis (mélange
de boue et de végétaux) pour protéger
sa nichée des prédateurs. Elle grimpe le long
des troncs et elle est aussi à l'aise la tête
en haut que la tête en bas. |
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| Ecoutez-la...
(Enregistrement D. Laloux) |
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L'alouette
des champs Alauda arvensis |
| Mais
d'où vient donc ce chant sans fin qui résonne
dans la campagne ? Le ciel est aussi dégagé
que ce paysage de cultures et de champs en jachères
et pourtant pas moyen de repérer l'origine de ce
mélange de notes énergiques ! Ah si, enfin,
très haut dans le ciel on distingue une Alouette
qui s'égosille sous le soleil ! Oiseau typique des
milieux ouverts, l'alouette est un oiseau très matinal
et il n'est pas rare d'entendre son flux continu de notes
aigues, de trilles et de babils ponctués d'imitations,
plus d'une heure et demie avant le lever du soleil.
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Photo: Nicolas Pierrard |
Elle
continuera à chanter tout au long de la journée
par jet ininterrompu pouvant durer jusqu'à dix minutes,
le plus souvent en vol stationnaire très haut dans
le ciel. De la taille d'une Bergeronnette bien que plus
robuste, elle arbore un plumage brunâtre parfaitement
adapté à son habitat de champs cultivés
ainsi qu'une petite huppe que l'on distingue parfois. Essayer
de la repérer dans le ciel est un excellent exercice
pour s'entraîner à pointer un oiseau dans ses
jumelles. |
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| Ecoutez-la...
(Enregistrement D. Laloux) |
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La
Linotte melodieuse Carduelis cannabina
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Photo: Nicolas Pierrard |
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De
retour chez nous dès la fin mars ou le début
d'avril, la Linotte se trahit par son dos brun et sa tête
grise. Occupant principalement les milieux ouverts, champs
et prairies, délimités par un réseau
de haies, elle apprécie se déplacer en petit
groupe. Le mâle a l'habitude de se mettre en évidence
sur une clôture ou au sommet d'un buisson tout en
exposant son front et son plastron rosés à
sa dulcinée. Le chant de la Linotte, comme son nom
l'indique, est mélodieux et très varié,
composé de notes aigues. Posé, ce chant ressemble
à un "Si sous sous sous sous si" métallique.
En vol, la Linotte dit plutôt, de façon rapide
et répétée, "Toulit toulit toulit".
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L'expression
"tête de linotte" est liée à
l'insouciance, l'étourderie de cet oiseau lorsqu'il
s'agit de trouver un emplacement pour un nid. En effet,
celui-ci est construit à la hâte dans des buissons
entre cinquante centimères et un mètre et
demi au-dessus du sol et est souvent très exposé
aux regards indiscrets. |
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Le
Pic épeiche Dendrocopos major
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| Au
début du printemps, dans les bois, on entend souvent
résonner des sortes de rafales sonores. Celles-ci
durent environ une seconde et comptent dix à quinze
coups. Souvent, une autre lui répond au loin, puis
encore une autre. Leur timbre est plus ou moins grave. En
se dirigeant à l'ouïe vers une de ces rafales,
on arrive souvent au pied d'un arbre avec quelques branches
mortes. Le bruit s'est arrêté. Après
un petit silence, on entend un cri que l'on pourrait décrire
par un "Kik" métallique. Après quelques
recherches la tête en l'air, on aperçoit enfin
l'oiseau responsable de ce tambourinement. Parfois, on le
voit tambouriner. Sa tête va si vite qu'elle paraît
floue. Il n'est pas très gros, environ 23 centimètres,
il est noir et blanc avec une culotte rouge. C'est le Pic
épeiche. Le tambourinage des pics est leur manière
de communiquer, il porte plus ou moins loin selon la branche
que l'oiseau choisit. |

Photo: Nicolas Pierrard |
Le
pic utilise comme caisse de résonance des branches
mortes, des pylônes de bois et même des volets.
Cette action ne sert pas à creuser le nid, simplement
à dire aux autres qu'il est là.
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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Le
Pouillot veloce Phylloscopus collybita
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Photo: Nicolas Pierrard |
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Le
Pouillot véloce est petit passereau insectivore de
10 à 12 cm qui vit dans les prairies et les bois.
Il n'est présent chez nous qu'en été,
de mars à octobre. Petit et rondelet, teinté
de vert, brunâtre, gris et blanc sâle avec des
nuances jaunes et chamois variables sur la gorge et la poitrine,
le Pouillot véloce se déplace rapidement dans
le feuillage avec nervosité en agitant ses ailes
tout en hochant la queue. Il apprécie particulièrement
les forêts mixtes ou de feuillus, mais aussi les taillis,
les parcs et les grands jardins. On peut l'observer également
dans les haies avec de grands arbres.
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| Son
chant caractéristique est une suite régulière
de notes sautillantes sur deux ou trois tons : "Tsip
tsap tsip tsap tsup tsip". Ses noms néerlandais
(Tjiftjaf), allemand (Zilzalp) et anglais (Chiffchaff) en
sont d'ailleurs de bonnes onomatopées ! Sa dénomination
scientifi que, collybita, est par contre moins évidente
à retenir. Sa signification vient du grec, "le
changeur de monnaie", tant ce petit oiseau vif fait
tinter sa voie claire et nerveuse. |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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Le
Rossignol philomèle Luscinia megarhyncos
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| Rien
que le fait de citer son nom et on imagine déjà
son chant magique qui a inspiré tant de poètes
et autres artistes. Point de tristesse ou de douleur dans
cette mélodie mais plutôt la revendication
vive d'un mâle pour son territoire ; son chant résonne
fièrement comme un défi et exprime toute l'agressivité
du mâle. Ce chant est composé de phrases séparées
par de brefs silences, chacune répétant une
note ou un motif simple sur un rythme très rapide
en général. Mais la phrases la plus caractéristique
et la plus mélodieuse est ce doux "Tiutiutiutiu"
fl ûté montant dans les aigus. Ce virtuose
ne donne généralement son concert que de nuit
et il faut se coucher tard ou se lever tôt pour participer
au spectacle.
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Photo:
Gabriel Rasson |
| Le
chant du Rossignol qui s'entend de loin contraste largement
avec sa vie cachée parmi les buissons et son habit
de spectacle très sobre : une livrée brunâtre
sans fantaisie avec juste une queue rouge pour rehausser un
peu le tout. Il est cependant possible de l'apercevoir avec
un peu de patience si on reste sans bouger près de
son poste de chant. Il compense son effacement et sa sobriété
par le développement et la force de sa voix. |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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La
Grive musicienne Turdus philomelos |
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Photo: Nicolas Pierrard |
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Pour
un ornithologue débutant, le chant de la Grive musicienne
est un simple casse-tête. Imaginez-vous dans la forêt
aux premières lueurs du jours. Les oiseaux se réveillent,
quelques timides chants se font entendre au loin. "Tèrèrèt
tèrèrèt tèrèrèt"
! Ah, un oiseau chante tout près… mais pas
assez longtemps pour l'identifi er. "Pii-èh
pii-èh pii-èh". Un deuxième !
"Kvièt kvièt". Et un de plus ! Enfin,
en voilà un dans les jumelles. De la taille d'un
merle, le dos brun, le ventre clair portant de nombreuses
taches en forme de losange : aucun doute n'est permis, il
s'agit d'une Grive musicienne. "Pii-èh pii-èh
pii-èh". C'est donc le deuxième chanteur.
"Trruy trruy trruy… codidio codidio". Mais
non, c'est toujours le même ! Il nous a bien eus,
ce mâle au répertoire infini.
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Un
motif simple, siffl é trois ou quatre fois, puis
un autre et encore un autre, avec parfois des imitations
du chant d'autres espèces : voilà la solution
à ce casse-tête sonore, audible jusqu'à
500 mètres. Simple, non ? |
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| Ecoutez-la...
(Enregistrement D. Laloux) |
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Le
Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes
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| Moins
de cinq centimètres, à peine dix grammes et
pourtant son chant peut être entendu à plusieurs
centaines de mètres à la ronde. Toujours en
mouvement, le Troglodyte n'est pas toujours facile à
observer, passant rapidement d'un tas de branches à
une crevasse d'un arbre, puis dans les ronces et sur une
souche. Là, il s'arrête pour quelques secondes,
bien en vue, sa petite queue redressée en signe de
nervosité. C'est alors que la petite boule brune
émet son chant retentissant. Un chant puissant, aigu,
saccadé, entrecoupé de trilles caractéristiques.
Puis il reprend son manège agité. Mais pourquoi
ce nabot chante t-il aussi fort ? Tout simplement pour attirer
une femelle.
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Photo:
Eric Heymans |
| Un
peu partout sur son territoire, il a construit des ébauches
de nid. Lorsqu'une femelle répond à son appel,
il lui fait visiter ses constructions. Mademoiselle Troglodyte
choisit le nid le plus à son goût et s'affaire
à terminer les travaux. Pendant ce temps, Monsieur
Troglodyte reprend ses chants. Pourquoi ? Et bien pour attirer
une femelle, pardi ! Si à nouveau une femelle s'intéresse
à lui, il l'installe dans un autre nid de son territoire.
Et oui, le troglodyte est polygame ! |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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Le
bruant jaune Emberiza citronella |
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Photo: Nicolas Pierrard |
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Il
y a déjà une heure trente que le soleil s'est
levé et ses rayons commencent à chauffer la
plaine. Aux quatre coins de la prairie retentissent les
chants du Bruant jaune. Ce chant aigu, rythmé et
puissant consiste en une série répétée
de petites notes suivies par une note plus longue et plus
grave : " Zit zit zit zit zit zit zit ... tsuuuuu".
Lorsqu'il chante, le mâle se trouve souvent bien en
évidence sur un buisson, une clôture ou un
pylone. Il est jaune citron sur la tête et la poitrine,
son dos et ses ailes sont bruns tâchés de noir,
son croupion est roux et sa queue noire est bordée
de deux lignes blanches.
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On
le retrouve dans les prairies, les champs, les friches et
les clairières où il se nourrit de graines.
Les jeunes reçoivent essentiellement des insectes.
Le bruant jaune est très répandu en Europe.
Des études ont montré qu'il existe des dialectes
entre les différentes populations. Ainsi, un bruant
jaune belge chante différemment que ses homologues
suédois, italiens ou anglais. Les différences
sont cependant minimes et le rythme typique reste le même
partout. |
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Le
Coucou gris Cuculus canorus |
| Qui
ne connaît pas le Coucou, cet oiseau qui dès
le mois d'avril, par son chant typique, annonce le printemps
? Le Coucou s'entend plus qu'il ne se voit. En effet, il
faut être très patient pour l'observer. Son
chant puissant porte à plusieurs centaines de mètres,
pourtant lors de son "Cou-cou" typique, le mâle
ouvre à peine le bec. Lorsqu'il est très excité,
le mâle triple la syllabe et lance un "Cou-cou-cou".
De la taille d'une Tourterelle, avec une silhouette de Faucon
et des couleurs d'Epervier, le Coucou se confond facilement
lorsqu'on l'aperçoit furtivement entre deux cimes.
Parasite d'autres passereaux, le Coucou se rencontre dans
tous les milieux naturels ou semi naturels (forêts,
roselières, bosquets).
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Photo:
Eric Heymans |
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| Après
s'être accouplée avec un ou plusieurs mâles,
la femelle enlève un œuf dans le nid d'un oiseau
d'une autre espèce et le remplace par le sien, souvent
très ressemblant. Le jeune Coucou se charge d'éliminer
les autres jeunes oiseaux de la nichée. Puisqu'ils
ne s'occupent pas de l'élevage de leurs jeunes, les
Coucous adultes quittent très top, dès juillet,
nos contrées et traversent le Sahara vers l'Afrique
du Sud. |
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| Ecoutez-le...
(Enregistrement D. Laloux) |
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La
Fauvette a tete noire Sylvia atricapilla
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Photo: Nicolas Pierrard |
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La
Fauvette à tête noire est un petit passereau
gris d'environ 14 cm. Le mâle porte un béret
noir tandis que la femelle et les jeunes en ont un roux.
Migratrice ou erratique, c'est la première Fauvette
que l'on entend chez nous, dès la fi n du mois de
mars. Son chant est un gazouillis très varié
qui se termine toujours par quelques notes fl ûtées.
Il lui arrive de temps en temps d'imiter d'autres espèces,
ce qui rend parfois son identifi cation sonore compliquée.
Son chant peut être confondu avec celui du Merle ou
de la Fauvette des jardins. Lorsqu'elle est inquiétée,
la Fauvette à tête noire laisse entendre un
"Tac-tac" sec et saccadé, comme si elle
cognait deux pierres l'une contre l'autre.
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Cette espèce est très commune dans les bois,
les bosquets, les haies, les parcs et les jardins. |
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| Ecoutez-la...
(Enregistrement D. Laloux) |
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